De la radicalité de la pensée

Penser est un acte radical. On ne peut penser à demi-mesure, à demi-concept, à demi-sens … Lorsqu’une idée est traitée par la pensée via les différents modes de réflexion, aucun compromis n’est envisageable. Toute compromission entrave la pensée et transforme les réflexions en expressions non authentiques, ou les mots ne disent pas ce qu’ils annoncent mais indiquent autre chose. A savoir le compromis en soi. Les choses arrêtent d’être pensées en ce cas, et deviennent des entités couvertes de discours mystifiants. L’activité de pensée s’arrête pour laisser place à autre chose.

C’est en celà que la pensée ne peut être que radicale, dans ce sens ou elle a toujours besoin de rigueur pour se tenir et être. En réflechissant aux choses, la rigueur est la condition de la relation fragile d’identité entre choses réfléchies et les mots utilisés. On nomme les choses pour les considérer, et on nomme les relations observées ou computés entre les choses, dans le but d’en extraire les règles, les lois, les récurrences, tout ce qui en composerait la logique. Ce sont les éléments organiques de l’activité de la pensée, qui nommera dans des expressions tout celà, selon la relation d’identité nécessaire. Le choix des mots revêt tout autant de l’importance qu’il implique des concepts, des significations, d’autres travaux de pensée allant du pur subjectif à l’étendu dans la Nature, ou vers ces énormes poids émotionnels stockés empiriquement dans la file de mémoire de l’Histoire de l’Homme et ses souvenirs générationnels. La condition de la pensée, qui lui est originellement incombée, est l’extraction des distinctions entre mots, dans le but de soigner cette relation d’identité qui lui est nécessaire. Comme un corps vivant qui se doit de se garder vivant par l’alimentation. L’alimentation est un élément nécessaire dans la relation d’identité du « corps vivant » et « l’activité de vie ». Tout process s’annule à partir du moment ou par la disparition de l’alimentation entraîne l’arrêt du corps vivant et son passage (transition/transformation/changement…) à autre chose. On ne peut plus considérer cela comme « corps vivant », et le traiter en tant que tel ne pourra qu’accumuler erreur après erreur. La pensée se tient par cette condition pour pouvoir exécuter ses tâches et assurer son rôle, celui de sculpter la connaissance de l’Homo Sapiens Sapiens.

En celà, je considère que l’Epée de Spinoza pourrait être un bon outil pour traiter tout ce qui se déclare comme pensée ou réflexion. Le corps arrêtant de vivre n’arrête pour autant pas de servir à connaître le corps vivant et l’étudier. Tel outil, comme un scalpel, permetterait de dégager tout ce qui est trace de réflexion ou effet de pensée dans les textes ou déclarations ou paroles de différentes instances de l’espèce humaine. Ce que je considère comme épée n’est autre que cette citation : « Ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas maudire. Juste comprendre ». Tout ce qui se présente sous forme d’affect clair entre une chose et celui qui la prononce, qui se traduit soit par une amplification valorisante ou un amoindrissement dévalorisant, d’une intention précédemment jugée. Toute cette graisse est à couper avec l’épée de Spinoza, pour ne laisser que le corps propre de l’idée énoncée. A commencer par ce que l’on s’éonce soi-même sous prétention de réflexion ou pensée. Ce qui est laissé à côté pourrait servir à colorer avec des affects. Seulement quand c’est reconnu en tant que tel. Sinon la confusion interdirait la pensée, comme convenu au début.

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2 commentaires sur “De la radicalité de la pensée

  1. J’ajouterai à cette citation : Ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas maudire. Juste comprendre. Et reconnaître que notre pensée est approximative. Et que c’est grâce à cette approximation, ses erreurs et ses égarements humains, son balbutiement en ce sens sa forme de non-détermination, qu’elle arrive à s’extraire des schémas de pensées préétablis par les acteurs historiques et présents, les médias, les sphères économiques sociales, culturelles actuelles.

    Penser radicalement se constitue pour moi en un questionnement qui fait appel à l’imagination pure de laquelle naît de nouvelles solutions, nouveaux concepts, un nouveau corpus idéologique à défaut de s’en référer aux dogmes de pensées qu’il soit d’un bord ou d’un autre. En ce sens qu’on dépasse les lois de la morale, du politiquement correcte, des compromissions pour pouvoir tenter de pénétrer jusqu’à la racine de toutes choses avec ce but mais en se laissant la liberté des moyens.

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