Pause Perso I

Ce texte fait partie d’un projet intitulé « Chroniques d’une dépression anodine ».

Quand, par une vague aussi intense qu’aigue, la vie te frappe, tu sais que tu ne peux que te relever. Ce sont les règles du jeu. Et bien que l’intention primaire du jeu n’est autre que l’amusement, il arrive des temps, lors du jeu, ou rien n’est amusant. Alors là, pas du tout. Mais tant que la machine vivante marche, tant que t’es encore en jeu. Rien ne sert que de résister à ses régles. C’est de la perte d’énergie. Anyway, quand cette vie là te saisit, regarde cette vague déferlante droit dans les yeux. Ne lui crie surtout pas : « I will survive », ce ne sont que des conneries, comme toutes ces conneries qu’on nous a fait gober via la télé. C’est de la perte d’énergie. Du gâchis. Regarde bien dans les yeux cette énorme vague. Prends le temps de faire tes calculs et évaluations. Ne te forces pas de lui tourner le dos, ça ne servira à rien, sinon dépenser encore plus d’énergie, loins de là ou elle serait efficace, puis t’offrir comme Victime Suprême. Un agneau conduit à l’abattoir impérial, au sommet d’un pyramide en or, d’une civilisation anéantie. L’image est belle, certes. Mais en réalité, il s’agit avant tout d’un agneau conduit vers son égorgeade. Le reste n’est que décor modulable. Cet agneau n’est Victime que pour lui-même. Cette fonction n’existe pas comme valeur. Mais comme classification. Quel gâchis, que de finir en agneau.
Regarde-là bien dans les yeux, et considère froidement cela : ce ne sont que des idées, ces choses génératrices de fatigue et désarroi. Qu’elles soient personnes, ou autres, ce ne sont à la base que des idées. Ce ne sont que tes idées à toi.Et il arrive à chacun d’avoir de mauvaises idées. Il suffit de s’en débarrasser. N’oublie pas que les idées sont des entités hypothétiques qui n’ont d’existence que sur l’écran que constitue ton cerveau perceptif. Comment se débarrasser d’une mauvaise idée ??? Comme on se débarrasse de la pisse et autres excréments : en les évacuants dehors. Leur existence cesse sur l’écran.
Puis, regarde-là encore dans les yeux, cette vague. Et considère ceci : la douleur ne s’inscrit pas dans la mémoire, ce n’est que son traumatisme qui s’y inscrit. On ne peut rafraîchir le souvenir d’une douleur, tandisque son traumatisme, sa souffrance, sa tristesse ou autres sensations si. Ils sortent intacts du frigo de la Mémoire, tandisque la douleur elle n’y entre pas. Et le jeu implique l’existence de ce phénomène. A quoi bon en avoir peur? A quoi bon écouter le son menteur de son traumatisme ? A quoi bon la fuir elle, qui ne peut s’en aller qu’en étant totalement consommée comme réaction mécanique normale. Aucun mal à l’affronter, ce n’est pas elle qui te tuera hélas. Elle est juste là à titre indicatif de ta vivacité et ton existence.
Maintenant, regarde-là cette vague, droit dans les yeux. Tu la vois, cette porte-là, bien au milieu? C’est le portail de la grandeur, en le franchissant tu gagneras en Force pour pouvoir continuer le jeu. Calcule bien ton chemin, et n’attends plus la vague. Fonces-y et franchis sereinement cette porte-là. Cette vie n’en vaut peut être pas le coup. Mais toi, si.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *