Pause politique : du « il faut faire avec »

« Ce gouvernement, il faut faire avec, sinon c’est du dogmatisme et du blocage gratuit ». Cette expression s’est répétée des millions de fois sur la bouche des « sages auto-déclarés », guides d’un consensus tissé aux fils d’araignées.
Le problème est bien plus simple qu’un recroquevillement politique, ou un purisme rigide. Il y a des signes de confiance nécessaires qui doivent être établis. Des institutions constitutionnelles en marche, et un début de travail annoncé et vérifiable. Un énième gouvernement d’excuses est la dernière chose dont on a besoin actuellement. Les excuses n’ont servi jusqu’ici qu’à maintenir le capital symbolique et financier d’une frange de la population tunisienne aux dépens du droit des autres à Etre. Et dés que l’odeur des excuses plane sur le discours politique gouvernemental, on reconnaît bien que ce gouvernement-là, on ne peut pas faire avec.
Inutile de se positionner, en tel cas. On peut faire avec les acteurs publics locaux, vu que la centralisation bureaucratique élimine tout lien organique direct entre ministère et acteur public local. On peut faire avec les nouvelles institutions constitutionnelles ou les anciennes qui respectent le cadre de la Constitution actuelle. Il y a bien des astuces et des manigances possibles. Mais pas l’exécutif, tant qu’il ne change pas clairement de voie.